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Les fonctionnaires reprennent le chemin de l'immobilier ?
3/2/2010
C'est ce qui ressort de la dernière livraison du Baromètre CSF de l'Immobilier et de la Fonction publique. Le CSF (Crédit Social des Fonctionnaires) l'établit sur les contacts quotidiens reçus pour des projets immobiliers et capte périodiquement les tendances du marché immobilier. Après une année de ralentissement, la proportion des fonctionnaires qui veulent mettre en œuvre un projet immobilier dans les 12 prochains mois est passée en un an de 20,6% à 34,1%. C'est d'après le CSF entre septembre 2009 et décembre 2009 que s'est effectué le retournement.
Ces chiffres sont confirmés par une reprise de contacts arrivés au CSF sur les projets immobiliers puisque ceux-ci sont en augmentation de 12% entre le 2ème semestre 2008 et le 2ème semestre 2009.
L'explication avancée est que beaucoup mesurent que les prix de l'immobilier sont bas et ne descendront guère plus bas, tandis que les taux d'emprunt sont particulièrement avantageux. Les prix de vente médians (prix réels annoncés par les candidats au crédit) ont connu une baisse très modérée en deux ans (-3%), ce qui semble prouver que les clients du CSF ont profiter de la baisse des taux pour acheter plus grand ou mieux qu'avant la crise !
Le sondage effectué pour l'établissement du baromètre (1) montre que les fonctionnaires sont moins propriétaires que la moyenne de la population française, et que de surcroît la tendance est à la baisse : au total, seuls 48,6% sont propriétaires de leur résidence principale fin 2009 alors qu'il y a un an ils étaient 53% ! Elle traduit une paupérisation des fonctionnaires du bas de l'échelle : 58% des agents de la catégorie C déclarent ne posséder aucun bien immobilier, contre 20% seulement pour leurs collègues de catégorie A...
40,8% estiment que leur pouvoir d'achat a nettement diminué, mais ils étaient plus nombreux à le penser en 2008 (58%). Le mécontentement à propos du salaire et du pouvoir d'achat s'est érodé, passant de 54.1% à 45.9% pour le premier et de 63,4% à 52,8% pour le second.
Explication : il faut probablement voir dans cette évolution, d'une part la conséquence de la stabilité globale des prix, mais surtout l'effet de la crise dans le secteur privé. Le niveau des traitements de la fonction publique suscite toujours des mécontentements sérieux, mais les agents publics observent aussi les dégâts de la crise chez leurs homologues du secteur privé et relativisent sans doute quelque peu leurs difficultés.
(1) sondage en ligne trimestriel donnant 1000 réponses respectant les poids relatifs des trois fonctions publiques (Etat, collectivités territoriales, hôpitaux), des tranches d'âge et des catégories A, B, C.