|
|
Tous les utilisateurs peuvent poster de NOUVEAUX sujets dans ce forum Tous les utilisateurs peuvent répondre aux sujets dans ce forum |
|
| Auteur |
Sujet  |
|
|
|
Jpp13
Contributeur senior

548 message(s) Statut:
|
|
Posté - 21 mars 2026 : 11:49:41
|
Bonjour,
Voici les conclusions d'un cabinet d'architecte provençal concernant les audits péconisant l'ITE (Isolation Thermique par l'Exterieur) dans les PPPT des immeubles construits en pierre massives dans les années 1960
Le débat actuel oppose une vision réglementaire standardisée, focalisée sur les coefficients thermiques instantanés et les calculs statiques, à une approche contextuelle et dynamique qui valorise le comportement réel des bâtiments selon leur climat, leur orientation, leur usage. Les retours d'expérience négatifs sur les ITE en pierre massive, particulièrement en climat méditerranéen, conduisent progressivement à une évolution des doctrines, même si la pression réglementaire et les aides financières orientées vers l'ITE restent très fortes. Face au réchauffement climatique, ces murs en pierre massive de 20-25 cm avec leur inertie et leur déphasage de 6-8heures constituent un atout majeur pour le confort d'été passif, sans climatisation. Les neutraliser par une ITE revient à détruire la meilleure protection contre les canicules à venir.
Les études prospectives montrent que le confort d'été deviendra rapidement plus critique que les économies de chauffage hivernal en Provence. Ces constructions des années 1960, longtemps dévalorisées comme du "logement social” sans qualité architecturale, révèlent finalement une intelligence constructive sous-estimée. Elles témoignent d'un savoir-faire de l'adaptation climatique par les matériaux locaux, dans un contexte d'économie de moyens. Leur réévaluation pourrait inspirer les architectures contemporaines face aux enjeux de sobriété énergétique, de résilience climatique et de préservation des ressources.
La question n'est donc pas de savoir s'il faut isoler à tout prix ces bâtiments avec des ITE comme la plupart des audits le préconisent, mais de comprendre comment ils fonctionnent et d'optimiser ce fonctionnement plutôt que de l’altérer par des solutions standardisées inadaptées.
C'est un changement de paradigme qui émerge lentement, porté par les retours d'expérience et les études, par les retours d'usage des habitants ...mais qui peine encore à s'imposer face à la logique réglementaire uniforme.
A méditer
|
 |
|
 |
 |
 |
| Il n'est pas de problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre. [Queille] |
|
 |
 |
 |
 |
|
Édité par - Jpp13 le 21 mars 2026 11:54:14 |
|
|
|
Sunbird
Pilier de forums
5105 message(s) Statut:
|
|
1
Posté - 21 mars 2026 : 20:36:41
|
Je ne vois pas en quoi un ITE serait négatif. Si on fait un ITE avec une laine de bois on va augmenter le déphasage, et aussi empêcher la chaleur de pénétrer le mur l'été.
Après l'amortissement d'un ITE dans le sud est illusoire. Déjà dans le nord on est sur 30 à 40 ans. Le seul avantage de l'ITE est le confort.
Un architecte me disait de passer sur un bardage avec une laine de roche (et bois si moyen financier), et m'expliquait de concevoir l'ITE comme les toitures.
|
|
|
|
Jpp13
Contributeur senior

548 message(s) Statut:
|
|
2
Posté - 23 mars 2026 : 10:18:25
|
Pour les puristes (et les courageux) je met le développement du raisonnement du cabinet d'architecte :
3) Les controverses autour de l’Isolation par l’extérieur (ITE) sur la pierre massive – les pathologies constatées
L'application systématique d'isolations par l'extérieur sur ces bâtiments en pierre massive peut générer des désordres techniques et plusieurs problématiques récurrentes.
a) Les problèmes d'humidité Ils constituent le premier écueil. En emprisonnant l'humidité à l'intérieur des murs, l'ITE surtout à base de polystyrène empêche la pierre de respirer naturellement. L'eau piégée ne peut plus s'évaporer vers l'extérieur, ce qui provoque des condensations internes, des dégradations de la pierre par gel-dégel (même si cet effet est limité en Provence), et des désordres sur les enduits et les briques intérieurs. Les remontées capillaires suivant les cas en cas d'absence de sous-sol s'aggravent également, particulièrement au rez-de-chaussée.
b) La perte d'inertie thermique Cela représente un autre effet pervers majeur. En isolant par l'extérieur, on déplace la masse thermique de la pierre et donc le point de rosée. La masse de la pierre ne participe plus à la régulation thermique de l'espace intérieur. Les bâtiments perdent leur capacité tampon : ils deviennent plus sensibles aux variations de température rapides, nécessitent davantage de chauffage lors des journées ensoleillées d'intersaison (car la pierre ne restitue plus sa chaleur), et surtout surchauffent beaucoup plus en été malgré l'isolation. Ce dernier point est crucial en Provence : la suppression du déphasage et de l'inertie transforme ces logements en espaces inconfortables l'été, générant un recours massif à la climatisation qui annule les gains énergétiques hivernaux. Le confort d'été, autrefois assuré passivement par la masse thermique, devient dépendant d'équipements énergivores.
c) Les pathologies des systèmes d'ITE Elles-mêmes sont observées : inconfort acoustique si les isolants ne sont pas naturels, décollements possibles des enduits sur isolant, fissures aux points singuliers, ponts thermiques aux liaisons (balcons, menuiseries), dégradation rapide des finitions exposées au soleil provençal intense. La durée de vie d'une ITE, estimée entre 20 et 30 ans, contraste violemment avec la pérennité séculaire de la pierre massive qui ne nécessite qu'un entretien minimal (reminéralisation).
d) Les études des ABF et organismes patrimoniaux i) performances théoriques Certains travaux démontrent que les performances théoriques calculées selon les normes actuelles ne correspondent pas aux performances réelles en usage dynamique. Il est souligné que les normes thermiques contemporaines sont inadaptées aux bâtiments à inertie moyenne à forte. Elles privilégient la résistance thermique statique (le coefficient R) mesurée en laboratoire dans des conditions stabilisées, sans valoriser le déphasage thermique et le comportement dynamique réel. Or, même avec "seulement” 6 à 8 heures de déphasage, un mur de 20 à 25 cm de pierre massive offre de bonnes performances estivales en climat méditerranéen, totalement ignorées par les calculs réglementaires. ïi) bâtiments témoins Des études de cas menées sur des bâtiments témoins montrent que les consommations énergétiques réelles après ITE sont parfois décevantes. Les gains hivernaux, réels, sont souvent inférieurs aux prévisions théoriques. Surtout, l'inconfort d'été s'aggrave considérablement, nécessitant l'installation de climatisations qui n'étaient pas nécessaires auparavant. Le bilan énergétique global sur l'année devient alors très discutable, voire négatif dans certains cas documentés. À l'inverse, des bâtiments en pierre massive de 25-30 cm non isolés mais correctement gérés (ventilation nocturne intensive, protections solaires efficaces, remplacement des menuiseries, amélioration de l'étanchéité à l'air) affichent des performances intéressantes, particulièrement sur le confort d'été qui devient l'enjeu majeur face au réchauffement climatique.
Certaines publications ont alerté sur les erreurs d'appréciation concernant ces bâtiments des années 1960. Souvent considérés comme des "passoires thermiques” du simple fait de leur époque de construction, ils sont en réalité dotés d'une enveloppe performante quand on l'analyse correctement. Les vrais points faibles sont généralement les menuiseries d'origine (simple vitrage, étanchéité défaillante, manque d’isolation en toiture et en plafond des sous-sols, mauvais système de ventilation) et les systèmes de chauffage vétustes, pas les murs eux-mêmes.
e) Les déconvenues techniques et économiques de l’ITE sur la pierre massive i) déconvenues économiques et sociales. Au-delà des pathologies du bâti, l'ITE sur ces immeubles génère des déconvenues économiques et sociales. Le coût des travaux est considérable, souvent financé par des augmentations de charges importantes pour les occupants. Quand les performances ne sont pas au rendez-vous, notamment en été, la frustration est grande. ïi) Conflits avec les copropriétaires Les conflits avec les copropriétaires sont fréquents : modification de l'aspect des façades (parfois protégées), réduction des surfaces de balcons et loggias, condamnation de la respiration des murs entraînant des désordres intérieurs. Il est recommandé d’avoir une approche radicalement différente pour ces immeubles en pierre massive.
Bonne lecture
|
 |
|
 |
 |
 |
| Il n'est pas de problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre. [Queille] |
|
 |
 |
 |
 |
|
|
|
|
3
Posté - 23 mars 2026 : 11:25:48
|
perso je m'interroge sur ces contraintes d'isolation thermique, alors qu'on nous serine partout que dans 50 ans il fera la température de l'Afrique du nord en France ou au moins la moitié .....  |
|
| |
Sujet  |
|
|
|
|
| Universimmo.com |
© 2000-2012 AEDev |
 |
|
|
|