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Cette
frénésie manifestée par les élus
(de tous bords) dans la traque de nouvelles ressources
fiscales, nationales ou locales, n'est pas sans rappeler
celle de la grande spéculation financière.
Dans les deux cas, c'est la même avidité
qui est déployée dans la recherche d'un
profit immédiat. Ainsi, comme la finance diversifie
les marchés sur lesquels elle spécule,
la fiscalité multiplie les assiettes dans lesquelles
elle pioche. Comme les financiers utilisent des algorithmes
d'une rare complexité pour bâtir leurs
stratégies, les élus s'appuient sur leur
back-office de Bercy pour monter des usines à
gaz.
Vous
direz que la finalité n'est pas la même.
Pour les financiers, c'est un profit privé. Pour
les élus, c'est le bien public. C'est vrai, mais
en partie seulement. Car il est normal que les banques
fassent travailler l'argent. Ce sont les excès,
les emballements, les débordements d'une certaine
finance qui sont répréhensibles. De la
même façon, il est normal que la recette
publique alimente la dépense publique, à
condition que celle-ci ne soit pas excessive, ne s'emballe
pas, ne déborde pas. Au nom de quel " bien
public " a-t-on pu laisser, depuis trente ans,
dériver les déficits publics ?
Le
parallèle entre politique et finance s'arrête
là. Il ne va pas jusqu'aux sanctions. Le trader
fou de la Générale, en plus d'avoir été
licencié par son employeur, s'est retrouvé
en correctionnelle. A supposé que des élus
ayant gravement contribués aux déficits
publics aient été sanctionnés par
leur électorat, aucun, à notre connaissance,
n'a eu de compte à rendre devant la justice.
Cela n'empêche pas ces mêmes politiques
(de tous bords, encore une fois) de vouloir, aujourd'hui,
réguler la finance. Et ils ne manquent pas de
propositions, comme celle d'interdire la spéculation
aux banques de dépôts, laissant aux seules
banques d'affaires la liberté de s'y aventurer,
à leurs risques et périls.
Si
l'on en est à la redistribution des rôles,
on peut aussi faire des propositions aux politiques.
Notre République comporte deux chambres parlementaires.
Pourquoi ne pas confier à l'une les recettes
et à l'autre les dépenses. Par exemple,
le Sénat, réputé pour sa sagesse,
voterait l'impôt avec l'obligation de veiller
à ce qu'il soit juste, au sens de justesse autant
que de justice. L'Assemblée Nationale voterait
les allocations budgétaires, en affichant clairement
ses priorités et sans sortir de l'enveloppe qui
lui est impartie. Le tout serait placé sous le
contrôle de la Cour des Comptes, avec le pouvoir
de sanctionner les erreurs ou de renvoyer leurs auteurs
devant les tribunaux.
La
tempérance fiscale, ne l'oublions pas, est un
élément fondamental de notre contrat social.
L'équilibre budgétaire devrait donc être
un devoir pour la République et la marque de
son respect envers le Citoyen-contribuable.
Par
Christian Micheaud
Consultant pour les métiers de l'immobilier et
formateur à la gestion de patrimoine immobilier
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